A l’aide d’une grande échelle de pompiers dressée le long du Palais-Bourbon, les militants, qui avaient revêtu des combinaisons blanches ou rouges, sont restés sur le toit pendant une dizaine de minutes.
Rapidement interceptés par les forces de l’ordre toujours très présentes aux abords du bâtiment, les manifestants ont été évacués dans des fourgons de police exceptionnellement entrés dans la cour d’honneur de l’Assemblée.
Dans les rues voisines, des militants écologistes ont brandi des banderoles jaunes sur lesquelles on pouvait lire un message adressé au président Nicolas Sarkozy : "Aux actes, M. le président".
Le chef de l’Etat doit participer les 15 et 16 décembre à la conférence de Copenhague sur le climat. Le sujet a fait l’objet d’une déclaration du gouvernement et d’un débat mercredi après-midi à l’Assemblée.
"L’accord qui doit être négocié dans moins de deux semaines doit être un accord contraignant, ambitieux et équitable, a dit à Reuters Karine Gavaud, spécialiste climat et énergie à Greenpeace. "Aujourd’hui, Greenpeace a envoyé les pompiers : la maison brûle, nous regardons ailleurs et il est temps d’agir."
Les militants ont reçu le soutien du député Vert Noël Mamère. "C’est formidable, c’est une action qui a pour but de sensibiliser les responsables politiques aux défis lancés par l’effet de serre", a-t-il dit à Reuters.
"Je trouve que c’est bien qu’ils viennent le faire là où bat le coeur de la démocratie et là où il devrait y avoir beaucoup plus de débats sur la question climatique et ses conséquences sociales, écologiques et économiques" a-t-il ajouté.
Des militants de Greenpeace ont fait un nouveau coup d’éclat pendant le débat, qui s’en est trouvé très perturbé.
Une jeune femme a réussi à descendre dans l’hémicycle à l’aide d’une corde, tandis que plusieurs personnes ont tenté en vain de déployer une banderole depuis la tribune du public, avant d’être évacuées.
Le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a interrompu la séance pendant l’intervention, qui a duré quelques minutes, alors que s’exprimait à la tribune le député du Nouveau Centre Stéphane Demilly.
A la reprise de la séance, le président du groupe Nouveau Centre à l’Assemblée, François Sauvadet, a fait un rappel au règlement dans lequel il a dénoncé des "méthodes de voyous".
Les trois députés Verts ont alors protesté. Au moment où l’un d’entre eux, Yves Cochet, s’est levé pour venir à la tribune, les députés UMP ont quitté l’hémicycle aux cris de "Pas lui, pas lui", "c’est scandaleux", avant d’y revenir.
Noël Mamère a déclaré à la presse que son bureau à l’Assemblée nationale avait fait l’objet d’une perquisition.